Un film de Peter Weir

(Dead Poets Society)

 /// Film américain /// 1989 /// 2h10 /// Genre : Comédie dramatique ///

Sortie en France, le 17 janvier 1990

/// 4 prix et 11 nominations ///

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Avec : Robin Williams, Robert Sean Leonard, Ethan Hawke, Josh Charles, Gale Hansen.

 

Synopsis :

Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.

C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis... 

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L'analyse de Mathilde.

La prestigieuse académie Welton accueille un professeur de littérature anglaise pour le moins singulier. Loin de s’attirer la sympathie des autres enseignants, il parvient toutefois à charmer ses élèves, à leur inculquer la notion de réflexion personnelle, et à se détacher du qu’en-dira-t-on qui régissait jusqu’à maintenant leur comportement.

Le cercle des poetes disparus

Un groupuscule de jeunes reforme alors le Cercle des Poètes Disparus auquel appartenait leur professeur au temps de sa jeunesse. Peu tourné vers le lyrisme et la poésie qu’il leur incombe quelques temps de se réciter, le Cercle les entraîne dans un abîme de remises en question et de doutes qu’ils affrontent sous l’œil paternaliste de M. Keating… Et avec peut-être un peu trop de bons sentiments…

 

Le Cercle des poètes disparus rappelle quelques fois l’utopie d’une éducation anticonformiste prônée dans d’autres films tels qu’Écrire pour Exister (Richard LaGravenese, 2007) Detachment (Tony Kaye, 2012), ou Esprits Rebelles (John N. Smith, 1996).

Volontairement cités pêle-mêle sans respecter de chronologie, ces œuvres sont bien la preuve que ce n’est pas forcément avec le temps que le point-de-vue des cinéastes contemporains sur les méthodes de l’éducation par l’enseignement se bonifie.

Detachment est une pure merveille, a contrario, Esprits Rebelles reste un peu facile tandis qu’Écrire pour Exister reste le reflet d’une pensée bien naïve (semblable à celle d’Entre les Murs, Bertrand Cantet, 2009), selon laquelle une bande cas sociaux incapables d’aligner trois mots sans faire une fautes (à l’oral comme à l’écrit) seraient capable de lire et comprendre la République de Platon. Voire de s’amouracher d’Anne Frank et de son œuvre que ne savent pas réellement apprécier des cancres redevenus amnésiques dès la sortie du cours de littérature.

Ce prophète, dans le Cercle des Poètes disparus, c’est donc Mr. Keating (Robin Williams), qui galvanise ses élèves par le contre-courant de ses pensées formatées dans le moule de l’anticonformisme se heurtant aux normes sociétaires.

Peu adulé par ses confrères et encensé par ses élèves un peu trop crédules pour le rendre crédible, Keating sort de l’ordinaire par ses grandes diatribes et ses exhortations à faire ce que bon nous semble, coûte que coûte.

[Attention spoiler :] Et le prix de cette philosophique eudémoniste, ce ne sont pas quelques étrennes pour traverser le Styx, mais la mort qu’a fini par choisir Todd Anderson, un étudiant qui se découvre une passion pour le théâtre dans laquelle il s’investit envers et contre tous.

Ne supportant pas la pression sociale surtout engendrée par le patriarche, il met fin à ses jours, provoquant la dissolution déjà entamée avant même sa fondation du Cercle des poètes disparus. [Fin du spoil]

 

Mais n’oublions pas que le film date de 1989. Par conséquent, on ne peut lui reprocher d’avoir exploité mille et une recettes essoufflées. Peter Weir a probablement donné naissance à une œuvre un peu avant-gardiste. Certains films sur les restrictions auxquelles sont menottés tous les serfs asservis à l’éducation tant fustigées marchent d’ailleurs sur ses traces.

Imprégné de bon sentiment et du lyrisme un peu simplet de l’adolescence, de toutes les anecdotes qu’elle renferme et qu’il a fallu narrer ici pour donner un peu de consistance au film, le Cercle des Poètes disparus a insufflé chez moi une envie irrépressible ; celle de replonger dans les grands classiques de la littérature anglaise, et de constater tout ce que Keating souligne si justement, en dépit de sa propension à trop vouloir déloger des enfants trop jeunes pour ne pas suivre aveuglément son enseignement dogmatique.

Note : 3/5.

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Le Cercle des Poètes Disparus - Bande Annonce VF