Un film d'Elie Chouraqui

 

/// Film Français /// 2h10 /// Genre : Dramatique ///

Sortie en France le 24 janvier 2001

/// Sortie USA 15 mars 2002 ///

 

Synopsis : 

Octobre 1991, Harrison Lloyd, (David Strathairn ; L.A. Confidential), reporter-photographe célèbre pour Newsweek, est envoyé en Yougoslavie pour "couvrir les débuts d'un conflit mineur". Personne, à cette époque, ne comprend encore cette guerre. Sarah (Andie MacDowell ; Quatre mariages et un enterrement), sa femme, mère de deux enfants, lui fait promettre de revenir pour l'anniversaire de son fils. Il promet, part, tarde à rentrer et est porté disparu aux environs de Osijiek, non loin de Vukovar, dans le nord de la Croatie.

Quelques jours plus tard, l'Associated Press annonce sa mort. Pour Sarah, le monde s'écroule, mais elle refuse de croire au décès de son époux. Elle part alors à sa recherche, flanquée de trois photographes, dont Kyle (Adrien Brody ; La ligne rouge), le seul qui soit un tantinet lucide dans l'expédition, et Stevenson (Brendan Gleeson ; The General), un soldat usé, instable, mais humain.

 

L'analyse de Mathilde :

 

harrison-s-flowers

Un réalisateur français en tête d’un cortège bien anglophone, et le récit docu-fictionnel de la bataille de Vukovar, c’est le cocktail explosif qu’a exploité l’équipe de tournage dans le but de retracer une romance très spéciale, à travers un redoutable conflit.

Sans réellement apporter d’éléments nouveaux au monde du cinéma ni sur la guerre qui fait rage au premier plan, Harrison’s Flowers raconte l’aventure de Sarah Lloyd (Andie MacDowell) partie à la recherche de son mari photoreporter laissé pour mort sur les champs de batailles croates.

 

Alors que la disparition puis la mort de son mari sont annoncées officiellement, Sarah, elle, refuse d’y croire.

Femme à la vie bien rangée, mère de deux enfants élevés dans une maison avec jardin, chien, et famille aimante, Sarah se mure alors dans un silence où bourgeonne une idée folle qu’elle met rapidement à exécution.

La voilà alors, en 1991, prenant l’avion pour l’Autriche et traversant les frontières jusqu’en Croatie, où elle rencontre Kyle (Adrien Brody), un ancien collègue du fameux Harrison, et Stevenson (Brendan Gleeson), le vieux grincheux du groupe, fatigué de la vie et de son métier.

Ils partent alors à la recherche du disparu, dont chacun est convaincu de la mort, à l’exception d’une seule personne.

Pour le moment, rien d’exceptionnel. Mais Harrison’s Flowers, si on devait le résumer, est l’espoir qu’entretient une femme de retrouver son mari sous les décombres d’une bataille dans laquelle elle s’implique pour un homme que tout le monde croit mort.

 

Librement inspiré du "Diable a l’avantage" (d’Isabel Ellsen), le film est une épopée à travers différents décors ravagés par la guerre. On voit ici et là des montagnes de cadavres en décomposition à demi ensevelis, des enfants hurlants et des femmes violées, et le tristement célèbre hôpital de Vukovar assiégé pendant trois mois par les opposants avant que la plupart de ses occupants soient décimés.

On tremble derrière la promiscuité du risque de mourir, ou d’y laisser un bras, une jambe, où la tête. Les images sont stupéfiantes, empreintes d’un réalisme qui rappelle "Apocalypse Now" de (Francis F. Coppola) ou "Il faut sauver le Soldat Ryan" de (Steven Spielberg).

 

L’humanité qui se dégage des civils, elle, est touchante. Ils n’essaient même pas de demander aux reporter de les ramener avec eux ou de les protéger. Tout ce qu’ils veulent, c’est « qu’ils prennent le maximum de photos pour que le monde entier sache ».

Sarah, elle, est habillée comme si elle allait faire ses courses ; elle ne croyait sans doute pas qu’ici, « c’est la guerre, la vraie », celle où des snipers sont embusqués n’importe où et peuvent la descendre à tout instant.

On retiendra particulièrement une scène où il s’agit de ramper autour d’un bâtiment gardé par un tireur d’élite, alors qu’aucun des journalistes n’est en mesure de se défendre ni même de se retrancher derrière un autre bâtiment. Tout ce qui compte, c’est la discrétion, et ce mot d’ordre traverse le film avec la minutie d’un fusil de précision.

 

[Attention spoiler : En effet, lorsque Sarah retrouve son mari, il est là, presque invisible, perdu dans la pénombre de l’hôpital, ignorant les explosions environnantes et le travail sans pitié de la Faucheuse à laquelle il échappe. Sarah s’en sort, évidemment. Une happy-end dans cet acabit va de mise avec les tragédies qu’elle a traversées, juste histoire de laisser une lumière d’espoir qui éclaire les victimes des guerres. Fin du spoil.]

 

Mais ce n’est pas la fin qui importe réellement, simplement ce sur quoi les projecteurs s’attardent plus de deux heures ; l’humanité qui règne encore au cœur d’un monde où tout semble dépeuplé. Mais aussi la quête de la vérité que, comme Sarah, les photoreporters tentent de dévoiler, coûte que coûte, même s’ils doivent y laisser leur vie.

 

Note : 3,5/5.


 Bande annonce en vo stfr

 


Avec dans les rôles principaux :

Adrien Brody Andie MacDowellDavid Strathairn 

Adrien Brody (Kyle), Andie MacDowell (Sarah Lloyd)David Strathairn (Harrison)

Elias KoteasBrendan GleesonMarie Trintignant

Elias Koteas (Yeager)Brendan Gleeson (Stevenson), Marie Trintignant (Cathy)


Infos :

Année de production : 2000

Réalisation : Elie Chouraqui

Scénaristes  : Didier Le Pêcheur, Isabel Ellsen, Michael Katims

Producteurs : Elie Chouraqui, Albert Cohen II

Productions : StudioCanal, 7 Films Cinéma, France 2 Cinéma

Première édition dvd le 16 Octobre 2001

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Budget : 9.45 M€  

Box Office France : 160 448 entrées

Rentabilité France : 9% 

RECETTES
Démarrage USA
867 635 $
Etats-Unis
1 822 680 $
Reste du monde
1 162 921 $
Total
2 985 601 $
Rentabilité Monde
32 %

 

 


Mon avis :  Elie Chouraqui nous livre un chef-d'oeuvre du cinéma français, un film puissant dans l'émotion et le courage et qui ne vous laissera pas insensible. 

Sly L