Lucy, un film de Luc Besson

Film américain - français - 1h29 - genre : action, science fiction.

Sortie en France le 06 août 2014.

Lucy a recu 1 nomination.

 

Synopsis :

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

 

L'analyse de Mathilde :

 

Lucy_(2014_film)_poster

    La plupart d’entre nous l’attendait avec une impatience peu contenue. Un casting alléchant, un réalisateur français aux canons cinématographiques américains, un scénario séduisant et une bande-annonce qui appâte sans tout révéler.

Jusqu’ici, woaw. Et puis en fait, non. Lucy déçoit. Lucy donne dans la caricature. Lucy se détériore à mesure que la fin si prévisible approche à grandes enjambées.

Bref, Lucy, c’était le film de l’année, explosant des records au box-office américain, mais c’est surtout la déception, menée d’une main de maître par une actrice insipide et un réalisateur essoufflé, qui aurait dû prendre sa retraite quand il l’avait promis.

 

Ça commençait bien : une étudiante potiche est envoyée dans la gueule du loup par un mec dont on se fout pas mal, et dont la présence ne sera toutefois jamais expliquée. Elle entre donc dans cet hôtel de Taipei où elle doit livrer une mallette au contenu bien gardé. «  Rien de dangereux », essaye-t-on de nous faire croire.

Lucy, ainsi nommée en l’honneur de la première australopithèque trouvée sous quelques centimètres de terre éthiopienne, se voit kidnappée par un gang de coréens (évidemment, les méchants sont soit asiatiques, soit russes) qui lui fourrent dans l’estomac près d’un kilo d’une drogue expérimentale.

Soit.

Des cuts inattendus entrecoupent l’action d’images documentaires dressant une comparaison entre Lucy et un guépard sur le point de se jeter sur sa proie. Elle est la proie, et l’idée est plutôt bonne, rappelant sans détour la théorie darwiniste de l’évolution sur laquelle se base une bonne partie du film.

Pour en revenir à l’essentiel, le sachet de drogue bleue se rompt dans ses intestins, et son organisme finit par absorber cette substance qui s’avère lui procurer des pouvoirs surnaturels  lui permettant de grimper sur les murs tel Spiderman, de développer une force surhumaine tel Superman, et pourquoi pas, de contrôler l’esprit des gens comme Charles Xavier dans X-Men.

Mais quel rapport avec la notion d’intelligence ?

Car ne l’oublions pas ; Lucy, à la base, est censé exploiter l’idée selon laquelle nous n’utiliserions que 10 % de nos capacités cérébrales. Et qu’en serait-il si nous étions à 100 % ?

Il aurait fallu s’arrêter là, car depuis quand faire preuve d’une intelligence supérieure permettrait de faire des sauts dans le temps, d’assommer à distance, de contrôler les ondes magnétiques et de faire apparaître sa tronche sur l’Iphone du voisin ?

<< Allez savoir quelle drogue Luc Besson a bien pu prendre pour rater une recette pourtant si simple. >>

Le scénario aurait pu être exploité d’une façon cohérente, sans jouer sur les clichés hollywoodiens désormais démodés dans lesquels on reconnaît les méchants coréens, les courses poursuites (celle-là vaut quand même le détour), la Tour Eiffel (évidemment, il n'allait pas tourner dans le Vaucluse, ah le Grand Bleu, la belle époque…), une actrice de choc et bien entendu une mise en scène sans grand intérêt.

Un patchwork d’innovations et de d’ingrédients inattendus… Qui auraient fait le buzz il y a 10 ans, voilà ce qu’est le film de Besson.

Aujourd’hui, on ne mise plus sur des images à la Tree of Life (Terrence Malick, 2011) (cf. Le flashback de l’avant Big-bang, la galaxie et compagnie offerts dans les scènes finales aussi superflues qu’aberrantes) pour réussir un film.

Avatar (James Cameron, 2009) fut le chant du cygne des images de synthèses et du cinéma en 3D. Lucy reste une pâle imitation de blockbusters truffés d’erreurs, vus et revus, enchaînant déceptions sur scènes d’action déjà surexploitées.

Mais – car il y a un mais, sinon le film ne serait pas aussi applaudi aux États-Unis -, on ne s’ennuie pas.

Il faut bien l’admettre, en 1h30 de film, on n’a pas le temps de jeter un œil à sa montre quand Scarlett Johansson court après l’écoulement inéluctable du temps pour retarder sa mort (ses capacités se nourrissent de cette drogue, qui n’a manifestement pas eu le temps d’être à nouveau synthétisée après avoir traversé la moitié de la planète).

On ne niera donc pas que le film de Besson a quelques bons côtés ; l’action notamment, sauf bien sûr dès que Morgan Freeman ouvre la bouche (ou cf. une scène dans un amphi où un élève pose la question cruciale : quid si on exploitait 100 % de nos capacités, le tout en employant un nombre de mots ahurissant laissant à penser qu’il fallait meubler-là quelques secondes de tournage).

Quant au reste, il faut être sacrément bon public et se contenter de bien peu, n’avoir vu que quelques blockbusters à la Transformers sans avoir vu le meilleur du 7e art… Pour apprécier Lucy.

Un divertissement presque relaxant, ayant pompé un peu sur tout ce qui a déjà été fait de bon... Et les records du box-office sont battus. N’est-ce pas ce que recherche le génie déchu et détrôné qu’est notre mascotte française ?

 

Quid, si Besson avait utilisé 100 % de sa matière grise ?

Note : 2/5.

Mathilde


LUCY - Bande-Annonce Française [VF|HD]


Avec dans les rôles principaux :

Scarlett JohanssonMorgan FreemanMin-sik Choi

Scarlett Johansson (LucyMorgan Freeman (Professeur Norman) / Min-sik Choi (Mr. Jang)


Infos : 

Année de production : 2014

Scénariste  : Luc Besson

Productions : TF1 Films Production, EuropaCorp

Distributeur : EuropaCorp Distribution

Budget : 40 M$  

Box Office France : 14140  entrées ( 14140 pour Paris) (Pour la première journée)

RECETTES
Démarrage USA
Etats-Unis
Reste du monde
Total
43 899 340 $
84 437 535 $
5 100 000 $
89 537 535 $
Rentabilité Monde
224 %

A savoir (source AlloCiné)

Qui pour le rôle principal ?

L'actrice Angelina Jolie avait été pressentie pour tenir le rôle principal de la mutante Lucy. C'est, finalement Scarlett Johansson qui a décroché le rôle. 

Une interdiction aux moins de 17 ans aux Etats-Unis

Lucy a obtenu aux Etats-Unis la classification "R-Rated", à savoir que le film a été interdit aux moins de 17 ans non accompagnés d'un adulte.

Les meilleurs .... ?

Lucy ayant nécessité plus de 1000 plans d'effets spéciaux, la production a décidé de faire appel aux meilleurs experts en la matière : 

ILM (Industrial Light & Magic fondé par George Lucas), situé dans le quartier du Presidio de San Francisco.

Le superviseur Effets visuels oscarisé pour Au-delà de nos rêvesNicholas Brooks, qui a récemment travaillé sur Insaisissables, a dirigé les opérations.

Les effets sonores et le montage son sont signés Guillaume Bouchateau (Jack et la mécanique du cœur, Les Immortels), Aymeric Devoldere (The Prodigies), et Shannon J. Mills, de Skywalker Sound, lauréat de quatre MPSE Golden Reel Awards du meilleur montage son pour Avatar, Cars, Atlantis : L'Empire perdu et Titanic. Le mixage du film a été assuré par Didier Lozahic (The Lady, Malavita), en collaboration avec le mixeur son David Parker (La Vengeance dans la peau, Le Patient anglais).


Mon avis :

Un film à voir, mais sans s'attendre au film de l'année .... L'analyse de Mathilde est pertinente et judicieuse et ne doit en aucun cas vous freiner dans votre envie d'aller voir "Lucy" au cinéma, au contraire, vous apprécierez peut-être le film à sa juste valeur.

Sly L. et Mathilde