La Vénus à la Fourrure, un film de Roman Polanski

 Film français - 1h33 - Genre : comédie dramatique

- Sortie en France le 13 novembre 2013

2 prix et 14 nominations (dont 9 au festival de Cannes 2013)

Synopsis : 

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

 

la vénus à la fourrure

L'analyse de Mathilde :

Deux acteurs prodigieux, un huis-clos intimiste - sous toutes ses coutures - et une ambiance confinée, secrète, enivrante. C’est la recette qu’exploite Roman Polanski à travers La Vénus à la Fourrure, drame directement inspiré du roman éponyme de Leopold Von Sacher-Masoch.

Ne vous arrêtez pas au nom de famille de l’auteur, dont les plus observateurs auront fait le lien avec le masochisme. Ici, Polanski nous offre une magistrale mise en abyme qui ne se cantonne pas qu’aux jeux des acteurs prodigieux.

Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric sont au sommet de leur art. Ils incarnent différents personnages grâce à un entrelacs de rôles qu’ils iront jusqu’à s’échanger dans l’acmé finale qui ne sera pas du goût de tout le monde.

Polanski met donc en scène deux personnages diamétralement opposés : Thomas Novachek, l’adaptateur d’une pièce dont il cherche désespérément les deux acteurs principaux, et Vanda Jourdain, comédienne délurée d’apparence peu cultivée et au vocabulaire un peu trop moderne.

Mais encore une fois, il vaut mieux faire abstraction du manichéisme qui nuance les deux personnages. Là n’est pas l’intérêt principal, dans la mesure où les rôles évolueront, s’échangeront… En bref, apporteront autant de variations que de surprises à ceux qui sauront s’attarder sur la virtuosité de la dimension théâtrale que le film met délicieusement en exergue.

Ainsi, La Vénus à la Fourrure fait à la fois référence au roman de Sacher-Masoch, à la pièce de David Ives qu’il a inspirée, à l’adaptation qu’en tire l’écrivain incarné par M. Amalric, et au personnage que joue E. Seigner.

Tour à tour, les acteurs sont étiquetés ; Thomas Novachek (l’adaptateur/metteur en scène), Herr Kuchemski (héros du roman), Vanda Jourdain (comédienne qui le mitraille de « putain » et « genre »), et cette autre Vanda, muse ayant inspiré l’auteur de l’œuvre adaptée… Mais aussi la fameuse Vénus, dont le rôle sera tâtonné par les deux comédiens avec une aisance troublante.

Si la polyvalence des acteurs est fascinante, la passion dont s’éprend le personnage d’Amalric pour la comédienne qui l’insupportait au départ l’est encore plus. Dès la première réplique entonnée d’une voix lascive, Emmanuelle Seigner est transportée, transformée, tout autant que son partenaire de jeu et que le spectateur envoûté par les gracieux atours de la Vénus. La métamorphose est radicale, et Polanski s’amuse à alterner scènes diégétiques appartenant au film lui-même, et séquences où les acteurs incarnent d’autres personnages dans cette mise en abyme qui excelle de simplicité.

Car les ingrédients ne sont pas particulièrement innovants : deux acteurs, un décor de théâtre, des répliques cinglantes, et un procédé stylistique qui consiste à joue la comédie dans une comédie. Minimaliste, mais il fallait y penser ! Nul ne se départira de cette once d’admiration face à cette pointe d’audace risquée qui atteint son apogée au terme du film (une heure et demie qui s’écoule en un éclair).

La chute ne pourra toutefois satisfaire tout le monde.

Pour ma part, ce fut le détail en trop qui précipita l’œuvre de Polanski dans une estime moindre que celle que je porte à Stage Beauty (réalisé par Richard Eyre en 2004), pur chef-d’œuvre théâtral dont l’acmé vaut l’heure et demi la précédant.

Mais avant d’en arriver là, la Vénus à la Fourrure vaut réellement le détour, ne serait-ce que pour s’imprégner de l’atmosphère si particulière que l’on ne peut décrire qu’à ceux qui, ayant visionné le film, comprendront pourquoi la fin n’a pas une si grande importance tant le reste est… A couper le souffle.

Note : 3,5/5.

Mathilde .


LA VENUS A LA FOURRURE - Bande-annonce VF


Avec dans les rôles principaux :

Emmanuelle SeignerMathieu Amalric

Emmanuelle Seigner (Vanda), Mathieu Amalric (Thomas)

 


Les Infos :

Année de production : 2013

Scénaristes : Roman Polanski, David Ives

D'après l'oeuvre de David Ives

Compositeur Alexandre Desplat

Production : R.P. Productions, A.S. Films

Distributeur : Mars Distribution

Le DVD et le Blu-ray sont disponible depuis Avril 2014

Editeur : TF1 Vidéo

Budget : ?

Box office France : 264 029 entrées ( 99 849 pour Paris )

RECETTES
Démarrage USA
Etats-Unis
Rste du monde
Total
26 200 $
26 200 $
- $
26 200 $

A savoir :

Inspiration 

Du théâtre au cinéma, Roman Polanski s'est directement inspiré d'une pièce de théâtre américaine (Vénus in Fur) écrite par David Ives et joué en 2010 à la Classic Stage Company avant d'être propulsée en 2011 sur la scène de Brodway.

Les secrets de tournages sur Allociné


Mon avis :

J'ai beaucoup de mal avec les films de Roman Polanski. Très peu d'entre eux mon réellement satisfait, seuls "La jeune fille et la mort" avec Sigourney Weaver et Ben Kingsley, tourné en 1994, "La neuvième porte" en 1999 avec Johnny Depp, "Le pianiste" en 2002 avec Adrian Brody, un film eExtra émotionnel, "Oliver Twist" en 2005 avec Ben Kingsley et enfin "The ghost writer" en 2010 que j'ai beaucoup aimé avec Pierce Brosman et Ewan McGregor.

Un que je n'ai pas vu et que j'aimerai bien voir par curiosité, c'est Les Plus Belles escroqueries du monde tourné 1963 et malheureusement, il reste très difficile à trouver...

Bref, "La vénus à la fourrure" ne m'attire pas du tout au premier abord, mais il faut se l'avouer, l'analyse de Mathilde donne envie de le découvrir ...

Bon film

Sly. L